:: Pierre Favre – Samuel Blaser

un jeu en totale décontraction, la parfaite connaissance de l’espace-sphère, la douceur des souffles et des frappes, un havre de simplicité et de complicité.

La percussion est de rebond; les cymbales, cristallines, ne sont pas de rythme mais de réconciliation ; le roulement est économe, le tambour n’est pas étau mais air vibrant.

Le trombone est de largesse. Sans profusion mais avec justesse, il fait mine d errer mais avance, sans dilemme, avec la force de ceux qui ont entraperçu le chemin.

Un trombone et des tambours: ici, tout est d’intuition, de profondeur, de promesses et d’invitations.

Luc Bouquet

Au firmament du jazz suisse brille avec constance une étoile, Pierre Favre.

L’homme orchestre de la batterie helvète (underground) a vu, ces dernières années, apparaître dans son espace un jeune astre en perpétuel mouvement, Samuel Blaser.

Doué, comme seuls les chanceux peuvent l’être, ce dernier multiplie depuis son avènement les collaborations pertinentes mais, d’un projet l’autre, ne s’égare pas. Il ne pouvait donc éviter la rencontre avec son aîné, à moins que ce soit le batteur qui ait épinglé le trombone ?! Ensemble ils ont parcouru les multipistes, le temps d’un vol à voile.
Chant contre chant, de plage en plage, Pierre Favre et Samuel Blaser laissent leurs talents réunis s’orienter vers des contrées où l’inhabitude règne sans partage. Lequel des deux s’appuie sur l’autre, bien malin qui peut répondre. Ce qui demeure indiscutable, c’est que le duo favorise les confidences.

À ce jeu, ils sont les maîtres d’un dialogue suggéré. Ils partagent des respirations intimes évocatrices de couleurs sonores aux harmonies pénétrantes, aux accords perlés. Si dans ce disque la virtuosité s’exprime, c’est par la nuance, ce supplément infime, et infiniment nécessaire, que sont capables d’apposer les créateurs quand ils donnent à l’innovation la place qui doit être la sienne dans ce type d’approche jazzistique, à notre sens la première.
Et si l’on doit avoir un seul regret quant à cet enregistrement, c’est que Pierre Favre et Samuel Blaser n’aillent pas jusqu’à oser la mélodie franche et limpide, celle qui permet un repère auditif simple, incontournable.


Yves Dorison, Culturejazz, France, 7 mai 2010